« L’Échec » : la polyvalence de l’épreuve selon 23wa
À travers les différentes parties du morceau « L’Échec », 23wa explore une épreuve universelle, entre dépassement de soi, haine et abandon.
Une épreuve surmontable
Ce morceau de l’album AZ de 23wa se démarque par l’histoire qu’il raconte. Il est l’expression parfaite de la pensée de l’artiste, qui nous montre la polyvalence de l’échec.
En effet, l’épreuve universelle de « L’Échec » est ici introduite comme un détail insignifiant que le narrateur va directement provoquer, en chevauchant les douces notes du piano. Il réfute sa haine intérieure et enjambe ce mur que beaucoup d’autres voient comme un obstacle infranchissable.
La douceur de la première partie du morceau se veut être un appel à considérer les échecs comme des épreuves surmontables qui rendent plus fort et dont la difficulté est avant tout personnelle.
De la bienveillance à la haine
Cependant, les distorsions dans la musique, qui occupent à l’origine une place presque invisible, s’approchent petit à petit du nuage de paix intérieure du narrateur. Ce sont des percussions saturées qui conduisent progressivement à la suite du morceau, où une nouvelle vision est amorcée.
Cette dernière apparaît comme une révélation qui suit le chant mélodieux de Cwondo. Elle prend la forme du discours de 23wa, qui se confie à l’auditeur pour lui expliquer l’échec.
Malgré la profonde bienveillance de l’artiste, son incompréhension du monde qui l’entoure le mène à prôner un principe paradoxal afin de trouver des solutions aux échecs qui le tirent vers le bas : la haine.
Les autres baissent les bras quand lui se démène dans une zizanie de malheurs, ce qui le conduit à dénoncer l’être humain comme lâche et misérable.
L’abandon face à l’obstacle
La dernière partie arrive comme un abandon soudain. La montée en puissance des sentiments contraires aboutit ici à un carrefour qui fait intervenir Ptite Soeur afin de pousser le principe de l’échec à son paroxysme.
Les distorsions pullulent et prennent le dessus sur la douceur de la rédemption de 23wa. Ici, l’être humain s’abandonne à l’obstacle et ne fait appel qu’à la rancune pour continuer à vivre.
Le mur des efforts étant devenu trop grand, l’échec prend le dessus et plonge l’auditeur dans un profond gouffre de noirceur, fruit d’une succession d’échecs devenus banals.
Ptite Soeur renverse le principe de 23wa, ou peut-être le complète-t-elle en montrant la véritable idée cachée dans les profondeurs du morceau.
« Tu es à des années-lumière »
Cette phrase de 23wa, qui semble écarter l’échec, est transformée dans la partie de Ptite Soeur :
« T’es à des années-lumière de tout c’que t’as déjà accompli. »
L’échec a encore de la marge et la narratrice sait, au fond d’elle, qu’il ne s’arrêtera pas ici.